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Code de déontologie des designers professionnels : davantage responsables

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Le Code de déontologie du designer intègre maintenant dix engagements écoresponsables. Cette démarche marque la volonté des designers de davantage s’engager vers des réponses plus responsables et durables aux problématiques sociétales et environnementales qui s’inscrivent dans les cahiers des charges de leurs clients.

L’AFD publiait le 26 juin 2012 le premier Code de déontologie du designer conçu en France. Ancré dans une éthique appliquée, s’appuyant sur des pratiques professionnelles précises et actualisées, ce code s’inscrit dans une démarche de fond menée par l’AFD qui vise à faire reconnaitre le professionnalisme des designers.

Il complétait la Charte AFD des écodesigners publiée en septembre 2011, dont les engagements écrits en échos à l’article 8 et 9 de la Charte de l’Environnement inscrite dans la constitution française du 28 février 2005, reflétaient davantage le positionnement libre de designers, voire une spécialité du design, qu’une démarche indissociable de la pratique d’un design en phase avec l’urgence des enjeux climatiques et humains.

Une décénie plus tard, il n’y a plus lieu de tergiverser. Le 8 février 2021, la charte a été renomée Charte du design écoresponsable et ses dix engagements ont été inscrits à l’article premier du Code de déontologie du designer, comme suit :

ARTICLE 1
Contribuer par ses compétences et son savoir-faire au mieux-être des personnes, à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, et à la protection de leur santé et de leur environnement, comme le stipulent notamment les engagements de la Charte AFD du design écoresponsable ci-dessous déclinés :
    • Amélioration continue : s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue, de questionnement et d’innovation permanente. Cette démarche passe par la formation et l’information des différents acteurs du processus.
    • Approche systémique : concevoir son travail dans une approche systémique qui prend en compte des critères multiples et leurs interactions.
    • Agir ensemble : intégrer les clients et les fournisseurs à cette démarche afin de les impliquer sur le long terme.
    • Responsabilité sociale : prendre en compte le respect des conditions sociales et sanitaires dans le choix des fournisseurs et entreprises, y compris jusque dans le choix de ses clients.
    • Ressources : s’assurer que le choix des matériaux et des matériels repose sur des critères environnementaux et sociaux tout au long de leur cycle de vie.
    • Eau, Air, Sols : considérer l’eau, l’air et les sols comme des biens communs de l’humanité qu’il faut préserver et ne pas polluer tout au long du cycle de vie du produit ou du service.
    • Énergie : minimiser les besoins en énergie tout au long du cycle de vie du produit ou du service. Privilégier les sources d’origine renouvelables et non polluantes.
    • Déchets : minimiser les pollutions sur l’environnement et privilégier la recyclabilité du produit ou du service, ainsi que les résidus et emballages liés.
    • Santé : prendre en compte l’impact sanitaire sur l’ensemble du vivant en s’assurant de l’innocuité du produit ou du service (dans l’état actuel des connaissances).
    • Biodiversité : prendre en compte la biodiversité afin de ne pas lui porter atteinte et viser à sa préservation tout au long du cycle de vie du produit ou du service.

Aujourd’hui, ces engagements rencontrent aussi les préoccupations de clients de plus en plus nombreux à ressentir, voire à subir, l’urgence des questions climatiques et humaines. Au-delà de la bonne volonté ou d’un positionnement individuel, il est devenu nécessaire que, collectivement et concrètement, les compétences des designers répondent à des cahiers des charges environnementaux.

Cela va même devenir impératif pour répondre aux marchés publics ou privés d’envergure, tels qu’ils se dessinent, par exemple, dans la vision de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui enclenche la création d’un nouveau “Bauhaus européen” dans le cadre du nouveau projet environnemental, économique et culturel visant à lancer une vague de rénovation européenne (lire Un nouveau Bauhaus européen pour lancer une vague de rénovation européenne).

Certes, les designers peuvent compter sur les ingénieurs spécialistes de l’environnement, mais nous savons que partager une culture commune est un atout majeur pour que toute collaboration soit optimum. Forts de leurs nouvelles compétences, les designers·euses seront en capacité de proposer des solutions innovantes spécifiques, propres à leur mode de pensée créative et leurs méthodes de travail. Ils seront recherchés pour cela. C’est bien un des objectifs du New European Bauhaus.


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