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Les Rendez-vous du design #2 “Pour une politique de design” : enthousiasmants et prometteurs

Actions AFD | 11 commentaires
La deuxième édition des Rendez-vous du design, organisés conjointement par le ministère de la Culture et la Communication et le ministère du Redressement productif, a eu lieu le 15 octobre 2013 au Palais de Tokyo à Paris. À cette occasion, un mémoire Pour une politique nationale de design a été remis aux ministres Aurélie Filippetti et Arnault Montebourg.

La première édition des Rendez-vous du design [lire plus] avait permis de faire un état des lieux. Cette deuxième édition a été l’occasion d’éclairer les pouvoirs publics en proposant de nouvelles pistes dans leurs politiques en faveur du design.

C’est l’objectif que s’est fixé la Mission design, dont Alain Cadix a retracé le parcours dans son discours d’introduction et dont le mémoire Pour une politique nationale de design a été rédigé par lui-même avec le concours du collège de designers. Parmi les personnes interrogées, l’AFD a été reçue par Monsieur Cadix le 9 septembre 2013. Ce mémoire dresse un état des lieux en France, ennonce les postulats et les principes pour une politique de design, préconise dix actions clés à mettre en œuvre au plus vite et invite à mettre en système au niveau national et sur les territoires les acteurs du design.

L’AFD invite les designers professionnels à contribuer : donnez votre avis sur les dix actions clés de ce mémoire. Postez vos commentaires en bas de cette page, nous en ferons une synthèse que nous transmettrons aux pouvoirs publics.
Télécharger Pour une politique nationale de design
Télécharger le discours d’introduction prononcé par Alain Cadix



Une politique de design ambitieuse pour l’intérêt général

Les discours des ministres, aussi bien de la Culture et la Communication que du Redressement productif, montrent toute l’attention portée à notre profession designer. Ils sont dignes des enjeux de société liés au design, ils témoignent du dialogue et de la coopération engagés depuis plusieurs mois. C’est enthousiasmant car, de mémoire de l’AFD, nous n’avons jamais eu autant le sentiment d’être aussi bien compris et donc d’être aussi proche du but : rendre reconnaissable les bénéfices économiques, sociaux et culturels tirés de l'implication du design dans notre société, et valoriser l’ensemble d‘une profession par l’amélioration de son statut et de ses conditions d’exercice.



Lire plus :
Les rendez-vous du design #2 : pour une vision du futur – ministère de la Culture et de la Communication
Le design, au cœur de l'éducation – ministère de la Culture et de la Communication
Un rapport avance des pistes pour insuffler en France la culture design – Le Monde
Mobilisation générale pour le design – Libération du 10 octobre
Économie et société – Les Échos



Le discours d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication
Lire sur le site du ministère


Monsieur le ministre du Redressement productif, cher Arnaud Montebourg,
Monsieur le rapporteur, cher Alain Cadix,
Monsieur le président du palais de Tokyo qui nous accueille aujourd’hui, merci à vous cher Jean de Loisy,
Madame la Maire adjointe, chère Lyne Cohen-Solal,
Chers amis,

Le design touche tous les aspects de la vie on l’a dit. Au service de la société, c’est un vecteur évidemment extrêmement majeur du quotidien de chacun de nos concitoyens, il accompagne leurs usages, leurs modes de vie, leurs manières de faire vivre ensemble l’industrie, l’art, même si j’ai bien entendu les distinctions et la barrière de protection que vous pouvez mettre entre le design et l’art, et je l’entends et je la comprends. En tous cas, cela nous permet évidemment de vivre ensemble pour faire société comme l’on dit.

Et pourtant, Roger Talon l’a souvent regretté, « les designers disait-il passent leur temps à essayer de convaincre les gens qui ne partagent pas leur culture ». Il faut donc houspiller tous les stéréotypes, faire changer les mentalités, et évidemment pour faire comprendre que le design ce n’est pas de la décoration et que c’est encore moins un luxe. Ce n’est pas du superflu, c’est le cœur, c’est au cœur de l’économie. Il faut créer en France une véritable culture du design et c’est pourquoi Arnaud Montebourg et moi-même nous sommes attelés à cette tâche dès notre arrivée aux responsabilités.

Parce que c’est un enjeu économique, je l’ai dit, le redressement productif de notre pays passe par le design, ça a été expliqué je pense ce matin et c’est très nettement dans le rapport, la montée en gamme qui met le design dans l’ensemble des process industriels est évidemment un enrichissement économique incomparable. C’est aussi un enjeu démocratique et social puisque le design permet la construction d’une société plus agréable, plus belle, pourquoi ne pas le dire, mais aussi où la qualité de vie et la qualité des processus dans le travail, dans la vie quotidienne, dans le loisir sont au centre des préoccupations. Pour le dire avec Charlotte Perriand, « l’important, ce n’est pas l’objet mais l’homme. »

Encourager la culture du design en France c’est donc mettre en œuvre une politique ambitieuse, innovante en faveur de l’économie, en faveur du redressement économique de notre pays et en faveur de l’amélioration de la valeur ajoutée que crée le design. Nous partageons avec Arnaud Montebourg cette conviction, c’est donc avec un grand bonheur que nous avons confié à Alain Cadix cette mission et il nous présente aujourd’hui ses conclusions. Je veux le remercier tout particulièrement pour la qualité de son travail, pour la richesse et la précision de ses propositions, je veux aussi remercier l’ensemble du collège des designers qui ont participé à cette réflexion.

Cette ambition, Alain Cadix l’a dit, c’est un projet du gouvernement, c’est un projet avec une forme, une dimension interministérielle, mais c’est aussi un projet qui a une dimension évidente de lien avec les collectivités territoriales. Parce que le design embrasse tous les enjeux de la société, que ce soit évidemment l’économie, la santé, la mobilité, le logement bien sûr, la sécurité, la communication, le développement durable, le numérique et donc la politique que nous mettons en place doit être portée par tous les secteurs de l’action publique.

Pour ma part, je mobilise le ministère de la Culture et la Communication pour mettre en œuvre dans notre département ministériel cette ambition nationale. Je veux contribuer à créer en France une véritable culture du design qui ne soit pas simplement représentée par sa dimension patrimoniale, même si nous avons un très bel exemple de chaises issues du Mobilier national, mais bien qui s’inscrive justement dans la prise en compte de l’apport du design à tous les pans de l’économie. On parle de design textile, de design numérique, graphique, design de service, design industriel.

Je me réjouis de pouvoir aussi vous présenter ce matin les grandes lignes de la politique du ministère de la Culture et de la Communication dans ce domaine.

D’abord, et c’est l’un des points importants du rapport, la culture du design doit se construire dès le plus jeune âge. Alain Cadix a cité l’exemple des pays scandinaves, du Danemark notamment où les enfants dès le plus jeune âge sont sensibilisés à leur environnement et en particulier aux questions de design. Vous savez l’éducation artistique et culturelle est la priorité des priorités pour moi. Je souhaite qu’elle s’applique, qu’elle s’étende au secteur du design en m’appuyant sur les initiatives tout à fait remarquables qui existent d’ores et déjà sur le territoire pour les généraliser. Je pense, bien sûr, au travail qui est porté par Antoine Fénoglio et par Matali Crasset dans les écoles primaires ou secondaires. Il faut inviter, inciter les jeunes à explorer le quotidien par le design, c’est une aventure, c’est une aventure intellectuelle pour eux, c’est une aventure culturelle.

La culture du design passe aussi par la formation et par la recherche. Evidemment c’est une responsabilité aussi qui incombe au ministère de la Culture et de la Communication puisque vous savez que nos quarante-cinq écoles d’art et de design regroupent près de dix mille étudiants et il faut rendre plus lisible et plus visible cette offre de formation en matière de design dans l’ensemble de nos écoles. Constance Guisset l’a évoqué tout à l’heure, la Direction générale de la création artistique (DGCA) a mis en place un groupe de travail pour qu’une réflexion soit menée avec l’ensemble des écoles du ministère de la Culture et de la Communication, mais aussi avec les écoles qui relèvent du champ d’autres Ministères. Parce que c’est bien là encore cette dimension interministérielle dans la formation qui nous permettra de faire avancer cette culture du design. Renforcer l’offre de formation, c’est aussi garantir un enseignement spécifique du design dans nos écoles, favoriser la mobilité des enseignants, la diffusion de leurs travaux de recherche, et à ce titre, j’entends développer les doctorats en design et la recherche en design parce que c’est évidement comme cela qu’on peut là encore améliorer, favoriser le terreau de l’innovation dans cette matière.

Dans un domaine où évidemment la dimension internationale est essentielle pour la visibilité des professionnels, il faut que nos diplômes soient connus et reconnus en France et qu’ils soient aussi connus à l’étranger. C’est un enjeu majeur, nous devons donc accompagner les écoles, faciliter les coopérations et les passerelles et créer des pôles d’excellence et d’innovation avec une dimension transversale, pluridisciplinaire qui est le cœur de la pédagogie et de la pratique du design. Nous devons aussi développer les relations entre les écoles de design et les entreprises et à ce titre je voudrais prendre l’exemple d’ARTEM à Nancy où j’ai ce week-end, samedi même, posé la première pierre de l’école des beaux-arts, la future nouvelle école des beaux-arts de Nancy. C’est vraiment une expérience tout à fait exemplaire puisque l’école des beaux-arts est située dans le même espace que l’école d’ingénieur, l’école des mines de Nancy et que l’école de commerce de Nancy. Donc il y aura là un lieu de mutualisation des pratiques et des savoirs sur un même campus.

De la même manière nos écoles plus généralement ont un rôle important à jouer au sein des communautés universitaires qui ont été mises en place par la loi de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur l’enseignement supérieur. Tout ce qui concourt finalement à décloisonner les formations et les enseignements concourt à l’émergence de cette capacité d’innovation qui est finalement le cœur, la marque de fabrique en quelque sorte du design et du design Français.

Mais au-delà de la question des écoles et de l’enseignement supérieur, la culture du design doit toucher un large public. Je pense évidemment à ces lieux qui permettent de diffuser la culture du design à un large public, que ce soient les festivals consacrés au design qui se développent, bien sûr la Cité du design à Saint-Etienne, la Biennale, Le Lieu du Design à Paris, la Cité de la Mode et du Design, Design Parade à la villa Noailles, Designer’s Days en Ile-de-France, nous devons aller encore plus loin et nous avons la chance en France d’avoir un territoire qui est très bien couvert avec des collections de design extrêmement riches.

Nous devons donc favoriser la diffusion de ces collections partout sur le territoire national. Nous avons par exemple les collections du Centre Pompidou, du Centre national des arts plastiques (CNAP), Les Arts Décoratifs. Frédéric Beuvry a souligné leurs qualités tout à l’heure, elles doivent être accessibles au plus grand nombre, elles doivent donc être connues pour que la curiosité saisisse et incite ainsi le plus grand nombre de nos concitoyens à aller les voir. Elles appartiennent à tous. Elles font partie des collections nationales de l’Etat et à ce titre elles sont l’un des ferments de notre citoyenneté.

Donc pour compléter l’offre d’exposition, pour l’instant sur beaucoup d’expositions temporaires et l’offre de manifestation qui permettent de partager ponctuellement la culture design, nous pourrions envisager, nous allons y travailler ensemble, la création d’une plateforme du design. Cette plateforme permettrait d’exposer en permanence une partie de ces collections. Et il y aurait un relais numérique évidemment de ce projet qui serait assuré par le portail design qui rassemble déjà ces collections. Je vais donc demander aux établissements qui relèvent du Ministère, qui travaillent en coordination bien sûr avec la DGCA de me faire des propositions pour que chacun puisse apporter ses collections, son savoir-faire propre tout en créant des liens entre l’établissement d’origine et la plateforme.

Parce que la circulation des œuvres me tient particulièrement à cœur, je veux aussi que nous réfléchissions ensemble à un système d’exposition mobile qui se déplacerait ainsi dans des lieux variés. Et on pourrait, par exemple, penser à une péniche qui utiliserait la richesse de notre réseau de voies navigables qui est le premier d’Europe pour mettre en contact du design dans un lieu assez ludique et tous les territoires et tous les publics, ce qui va encore renforcer la dimension interministérielle puisqu’il va falloir faire intervenir Frédéric Cuvillier, ministre délégué auprès du ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche. C’est une bonne chose.

En encourageant la culture du design en France, nous devons toujours garder à l’esprit, et ça a été aussi un point important du rapport, le fait que le design, c’est avant tout des créateurs, et donc des designers. La défense de la création et des créateurs fait partie des missions essentielles du ministère de la Culture et de la Communication et donc je souhaite que la dimension sociale du statut de créateur soit bien prise en compte dans le domaine du design.

La réforme du régime de protection sociale des artistes auteurs qui concerne une partie des designers est l’occasion de prendre en compte la situation des designers indépendants. Un rapport m’a été remis, vous le savez, récemment, ainsi qu’à Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé et à Bernard Cazeneuve, ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget. Un rapport qui traite spécifiquement de cette question. Ce rapport va être publié dans les prochains jours, il fait des propositions sur l’extension du régime d’artiste auteur aux designers indépendants. Aujourd’hui ils n’y sont pas rattachés, mon ambition c’est que ce régime soit celui de l’ensemble des créateurs d’œuvres de l’esprit, et je souhaite donc mettre fin à une distinction entre ceux qui travaillent en deux dimensions, et ceux qui travaillent en trois dimensions.

Ceux qui travaillent en deux dimensions évidemment ce sont les graphistes, ce sont les designers-textile, et les autres, ce sont les designers-produit et environnement. Les designers-graphique et textile indépendants relèvent du régime des artistes auteurs, ce sont donc plus de vingt mille designers qui peuvent depuis cette année bénéficier du dispositif de formation continue que vous avez évoqué qui est abrité par l’AFDAS pour des formations, que ce soient des formations générales ou des formations spécialisées. C’est donc mis en place depuis le 1er janvier de cette année. La mise en place de ce fonds de formation était extrêmement attendue par les professionnels qui en ont salué la mise en œuvre et je veux insister sur le fait que l’alliance des designers est totalement partie-prenante au conseil de gestion de ce fonds de formation. Les designers indépendants qui sont des designers-produit ou d’environnement qui entreront dans le régime des artistes auteurs pourront donc eux-aussi en bénéficier. Enfin je souhaite avec Arnaud Montebourg favoriser une meilleure prise en compte des besoins de formation professionnelle continue des designers au titre des autres fonds de formation dont ils peuvent relever lorsqu’ils sont salariés ou professions libérales.

Dans quelques semaines va s’engager la concertation, même avant quelques semaines, avec les organisations professionnelles, elle va nous permettre de valider les propositions qui seront un plus dans le projet de loi sur la création que je présenterai au Conseil des Ministres en début d’année prochaine.

Enfin, et Alain Cadix là encore l’a souligné, le design, c’est aussi une innovation qui n’est pas une innovation technologique, pas seulement une innovation technologique, c’est un secteur extrêmement prometteur que nous devons valoriser. Je l’ai dit sous forme de boutade mais c’est vrai que la formule, je crois qu’elle est très juste, il n’y a pas de redressement productif sans redressement créatif. Et les rendez-vous du Design que nous avons lancé en mars dernier ont pour but de favoriser les débats entre les designers et les entrepreneurs, vous en avez eu deux exemples ce matin, rapprocher l’entreprise et la création à l’instar de ces couples designers-entrepreneurs qui nous ont été présentés, c’est mon ambition en tant que ministre de la Culture et de la Communication.

Le ministère de la Culture et de la Communication ne s’arrête pas aux frontières de l’art, même si les frontières de l’art sont mouvantes. Et donc je suis extrêmement sensible, extrêmement mobilisée sur cette question du design, sur cette question des process industriels, sur la question du poids économique de la création pour irriguer l’ensemble des secteurs de notre économie productive.

Le design, ce sont les objets, les espaces, les process qui peuvent bousculer, bouleverser notre quotidien, notre cadre de vie, et nous devons donc les faire connaître à travers la diffusion de la culture design. Le design ce sont des métiers aussi dont nous devons accompagner la formation et l’épanouissement, ce sont des créateurs qu’il faut soutenir, c’est un secteur innovant qu’il faut encourager, mais ce sont aussi des principes qui font la réputation de nos designers à travers le monde et que nous devons mettre en valeur.

Et c’est l’ambition de la charte « Haute Qualité Design » que je vous propose d’imaginer ensemble. Cette charte permettrait d’instaurer durablement des pratiques exemplaires en matière de design, en matière de commande de design tout d’abord évidemment dans les établissements publics. Un label donc « Haute Qualité Design » pourrait être créé en partenariat avec les organisations professionnelles pour qualifier la politique menée par les collectivités locales, par exemple, par les entreprises partenaires exemplaires en la matière.

L’exemplarité, elle doit commencer bien sûr par la sphère publique. Nous devons être tout d’abord nous-même irréprochables avant de donner des leçons, des appels à d’autres et surtout pour lancer un mouvement afin que ces bonnes pratiques, ces belles pratiques s’installent partout. La question à laquelle répondent tous les designers finalement est la suivante : « Comment voulons-nous vivre ? » Pour Charlotte Perriand, le design c’était « la recherche d’un art de vivre en accord avec son temps.»

C’est donc une véritable mission d’intérêt général. Et c’est pour ça que nous devons ensemble porter une politique ambitieuse, une politique nationale, une politique volontariste pour que grâce à l’industrie les nouveaux usages de demain, la beauté de ces nouveaux usages, soient rendus accessibles au plus grand nombre et comme Andrée Putman ainsi « faire de belles choses pour tous ».

Je vous remercie.



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Commentaires

1. Par Kaes, le 17 nov 2013 à 11h14
Kaes

Je suis mitigé... Les actions engagées sont biens pensées, et la page 30 est assez claire sur ce point. Reste à définir précisément le champ d'application. Ce qui me laisse dans l'expectative, c'est que le design semble présenté comme un levier du redressement productif, une façon de briller en terme de croissance nationale, et s'inscrit dans une politique économique clairement à droite. Mais malheureusement, je n'ai absolument pas cette vision du design, plus particulièrement du graphisme, ni même de l'économie : au contraire, j'ai une forte tendance politique rouge écarlate teintée de vert vif ! Je suppose que les actions engagées le seront dans le sens que j’énonce plus haut. Mais peut-être pas, et peut-être que leur champ d'application sera plus large et permettra à chacun d'intervenir en fonction de sa sensibilité. J'attends donc la suite avec impatience ! :)

2. Par Yann, le 18 nov 2013 à 23h24
Yann

Un peu de mal à comprendre l'enthousiasme même après la lecture des différents éléments (discours, mémoire). On peut voir dans cette "Mission Design", une réelle volonté de faire (enfin) avancer la visibilité et l'intérêt du design au sein du territoire français. Cependant, j'ai peur de mal comprendre de quoi on parle en utilisant le terme : DESIGN.Sur trente pages de rapport (hors annexes) et environ huit pages de discours, le terme DESIGN ne sonne, presque, qu'en terme de produit ou/et d'objet et associé à la notion de redressement (sous-entendu : croissance), nouveau monde industriel ou même "redonner le goût de l'industrie" dès le plus jeune âge.Alors oui, tant mieux si l'on peut faire d'une pierre, deux coups, en associant les apports tant esthétiques que fonctionnels dans une production et beaucoup plus qu'à l'heure actuelle. Mais résumé le Design à cela c'est encore et toujours associé ce terme au seul champ de l'objet et du produit. Pourtant, l'Alliance Française des Designers, n'est-ce pas "LES" designs : message, environnement, espace ?Bien sur l'AFD n'a pas rédigé ce rapport. Cependant, elle est associé aux réflexions et propositions. Alors pourquoi parle t-on de design graphique et textile uniquement sur les questions de statuts professionnels et d'accès à la formation ?Pourquoi tous les autres champs du design semblent évincés de cette "Mission Design" ? Pas assez sexy pour participer au "redressement" ?Je suis étonné que sous l'intitulé "Pour une politique nationale de design", les rédacteurs de ce mémoire ne l'aborde que sous cet angle. La suite dans le tome 2 ?Mais peut-être certains (es) pourront m'éclaircir sur la question.

3. Par Bruno, le 10 déc 2013 à 15h08
Bruno

Il me semble que le Design à l’instar de l’architecture est un secteur économique à part entière. Il regroupe 80 000 à 100 000 professionnels. La création du code NACE 74-10 en 2008 au niveau européen atteste de cette évolution. Dans d’autres pays des directions du Design ont vu le jour appuyés par les gouvernements avec pour objectif de développer le « secteur », entrainant ainsi une dynamique économique bénéficiant à d'autres comme le rapport l'indique…
(Page 25 : Le design ne peut être considérée comme une branche d’activités, une filière de type industriel, il est une fonction, il est un métier, il est transversal aux branches et secteurs).
Le rapport s’oriente donc « naturellement » vers des solutions visant à favoriser le recours au design par les donneurs d’ordre et place le secteur et sa structuration naissante au second plan. Il place également la profession comme passeur de technologie alors que son spectre d'action est beaucoup plus large. On remarque d’ailleurs que les aspects sociaux et environnementaux ne sont que suggéré et que le design n'est compris que dans sa dimension "produit" et délaisse le message et l'espace…

4. Par Bibi, le 14 déc 2013 à 12h34
Bibi

quelques remarques

# enseignement supérieur et recherche : il n'est pas fait mention du fait qu'il est difficile de faire reconnaître le design en tant que discipline de recherche puisqu'il n'existe pas de laboratoire de recherche au sein des université, donc pas de docteur en design (ayant fait une thèse en design) comme cela existe pour toutes les autres disciplines (sciences de l'ingénieur, sciences de gestion, sociologie etc...

# il n'est pas mentionné l'aspect de respect du design dans les marchés publics : une politique d'Etat qui se doit d'être exemplaire à ce sujet...

# je trouve cela fort de café que l'AFD ne soit pas mentionné (alors qu'ils y sont tous VIA, APCI Lieu du design etc...) et qu'on ne parle que dune vague "association de designers" ce qui nous renvoit à un truc pas trop légitime...c'est sympa de parler de "statut" mais il me semble que ce sont des raccourcis pas très carré quant au "designed in France" c'est de la poudre de perlimpinpin aussi efficace que le made in France de Montebourg (les salariés de Florange s'en souviennent bien !!)

5. Par Marie, le 14 déc 2013 à 12h36
Marie

C'est historique !!!!! Enfin une vraie volonté politique autour du design. Seul bémol est-ce qu'il y aura les budgets en face ? Mais je trouve ces remarques très justes au sujet de ce rapport. N'est-ce pas le moment de penser à la création d'un laboratoire de recherches en design basé dans une université en région. Quant au "designed France" je pense que malgré la volonté politique il n'y aura pas les budgets en face. Bref, je trouve toutefois que ce rapport a le mérite d'exister malgré ses imperfections.

6. Par Bidul, le 14 déc 2013 à 12h37
Bidul

Sur le rôle des orgas pro (? pas clairement citées)
Sur les pôles design (region aquitaine et sa structure régionale : )
sur le statuts nécessitées d'intégrer les designers objets dans la MDA et statuts et convention collectives

évidemment l'intégration de l'ecodesign dans une approche systémique (intégrant tous les secteurs énergie, transports urbanisme, agriculture, industrie, services, santé, pollution etc.)

c'est un des facteurs clé de la transition énergétique et de la mutation industrielle du XXIe siècle gage de l'intégration symbiotique (et non pas uniquement compétitive) de la France, dans l'économie mondiale.

On a jusqu'à quand pour te faire des remarques plus abouties ?

7. Par Bibi, le 14 déc 2013 à 12h42
Bibi

pfffff je ne relève même plus, quand on pense encore que l'avenir du design passe par le mariage avec les ingénieurs (sic) quand ce n'est pas de la subordination aux sacro saints métiers de la technique, c'est quasi mission impossible !!!Mais j'exagères, il est fait mention de l'innovation non technologique qui se doit d'être "explorée" (sic !)...;-))Ceci dit, il faut bien de relever le fait que la mention d'intégrer les aspects sociaux et environnementaux dans le design n'existe pas !

8. Par Jul94, le 14 déc 2013 à 12h49
Jul94

Je trouve cela très engageant, même si ce n'est pas encore parfait.

La liste des acteurs de la mission design m'interroge sur le peu de représentativité de ses membres. La réalité à Paris et en province nécessiterait d'ouvrir d'avantage ce "collège", qui comporte beaucoup d’acteurs de grosses structures qui vont plaider leurs intérêts. Je crois que le mémoire va dans ce sens dans son introduction.

Je pense cependant que la constitution de cette équipe est destinée à valoriser le Design au sein de l’industrie, à rassurer les pouvoirs publics. Je crois que c’est assez galère comme ça de réussir à valoriser le Design en France, la preuve en est.

9. Par Hug!, le 14 déc 2013 à 12h54
Hug!

J'ajouterai que, au fil de la lecture du document j'ai le vague sentiment qu'on y creuse un peu plus le fossé entre Agences et Indépendants, qu'on y créé des notions de "design majeur" (design produit et d'espace) et "design mineur" (design graphique, design textile, etc), etc.

Ce projet devrait considérer TOUS les domaines du design et TOUS les designers de la même façon.

10. Par Franz, le 14 déc 2013 à 14h04
Franz

D'accord avec tout ce qui est dit plus haut. Le design pour le bénéfice du bien public est quazi zappé. Or le design peut faire beaucoup pour améliorer la vie des citoyens, sans compter les économies probables de dépenses publiques liées à ces améliorations.

J'ai envie d'ajouter qu'il ne faut pas oublier que l'économie du design c'est AUSSI l'économie du designer. C'est-à-dire les conditions d'exercices du praticien, pas uniquement les bénéfices que tirent les clients, industriels ou pas, de la valorisation de leurs produits ou de leurs services grâce au design.

L'emploi, c'est aussi celui des designers, ou plus largement, le business est aussi celui des designers. Il faut clairement que les clients respectent mieux les contrats, la propriété intellectuelle… Le designer doit être envisagé comme un partenaire, pas comme un prestataire kleenex.

On sait que les conditions d'exercice des designers se précarisent. L'écart entre les paillettes parisiennes et les réalités en province est devenu un gouffre… D'ailleurs parlons des conditions de vie et de travail à Paris : combien de designers talentueux fichent le camp parce qu'ils ne peuvent plus y vivre dans des conditions acceptables ? Et combien de talents vont à l'étranger parce que là-bas leur profession est mieux reconnue et mieux valorisée ? C'est toujours étonnant de voir ces quartiers réinvestis d'abord par les artistes, les créateurs, les designers… et puis, devenant à la mode, les bobos s'y installent, les prix grimpent et les artistes s'en vont parce qu'ils ne peuvent plus "s'offrir" de vivre dans leur ville.

Une politique nationale, ou régionale, ou municipale, de design, devrait s'interroger sur la façon dont les professions créatives doivent être intégrées au cœur des villes.

11. Par Bruno, le 17 déc 2013 à 18h38
Bruno

La proposition N° 4 concerne l’ouverture du crédit d’impôt recherche (CIR) aux dépenses de design.
C’est bien mais on risque de prêcher auprès des convaincus. Le montant de 400 000 € et 20 % de CIR correspond aux ETI (Entreprise de Taille intermédiaires, 50<500 personnes) et au-delà qui connaissent l'importance, le coût et la valeur ajoutée du design.

Il me semble que les montants retenus négligent le cœur des PME/PMI (< 50 personnes) qui ont le plus besoins de ces incitations. Les PME/PMI sont pourtant le champ de progression le plus important en terme d’emploi et dont la valeur ajoutée par emploi et la plus faible.

En orientant vers les PME et afin d'éviter tout dérapage budgétaire, on devrait limiter le montant à 50 K€ en augmentant son pourcentage à 50%. Une PME de 40 Personnes, avec 4M€ de CA fera le pas dans ses conditions.

Rêvons un peu et souhaitons que l’on mette une expérimentation en place dans un département pilote en 2014 pour une généralisation "éclairée" courant 2015.

Et afin de rendre cette aide vraiment efficace, elle devrait être simplifiée au maximum, c’est à dire sans réalisation de dossiers complexes, généralement sous-traités à des cabinets « chasseur de prime ». Ce serait aussi une application concrète du « choc de simplification »!

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