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Douze résolutions pour rétablir le contrôle aux designers

Actions AFD | 1 commentaire
En finir avec la rivalité art et business… En finir avec les marchés publics boiteux… Blair Enns articule sa vision autour de douze résolutions pour rétablir le contrôle de la relation professionnelle aux designers. Il est pour la première fois à Paris, venez l’entendre et mettre à profit ses propositions.



En finir avec la rivalité art et business

Comme tout créateur et chercheur, le cerveau du designer possède cette disposition qui le rend unique : l’inconnue d’un projet excite sa créativité et son esprit de recherche. Cette même inconnue paralyse trop souvent le cerveau du gestionnaire, du comptable ou du marketeur. C’est pourquoi il est utile d’intégrer un ou plusieurs designers dans toute équipe pluridisciplinaire dont l’ambition est d’innover.

Exploiter cette excitation, dont l’objet est de créer, d’inventer, justifie tout l’art d’être designer. Trouver le bon dosage entre nécessités artistiques et économiques représente un enjeu majeur pour tout designer entrepreneur qui souhaite se développer. Son esprit créatif lui joue souvent des tours : la pulsion artistique peut l’emporter sur celle du développement économique. Au point de détailler ses idées avant toute signature de contrat.

Une question simple (provocatrice ?) : comment peut-on espérer qu’une expertise, souvent proclamée comme étant “stratégique”, soit appréciée à sa juste valeur si elle est obtenue gratuitement ? Dès lors qu’un designer fournit son travail gratuitement dans l’espoir de faire affaire — stratégie commerciale ou résignation, marché privé ou public —, il obtient rarement la considération et la confiance de son client.


En finir avec les marchés publics boiteux

Depuis vingt ans, l’accession à la plupart des marchés publics de design et de communication se trouve subordonnée à l’avance d’un diagnostic et d’une solution — voire plusieurs : les idées et les créations des designers, qui espèrent ainsi être un tant soit peu entendus. Quand, par chance, le cap de la sélection est franchi, bon nombre de projets sont si modifiés à la demande du commanditaire, qu’ils ne ressemblent plus, au final, à ce qui a présidé à leur choix.

Trop de professionnels ont pris l’habitude d’entendre les sirènes des appels d’offres mal conçus et insoucieux du dumping ainsi provoqué. Aujourd’hui à bout, ils s’insurgent tandis que d’autres, résignés, parfois au nom de la libre concurrence, entretiennent ces pratiques désastreuses et contraires à leur déontologie (lire à ce propos Portrait de l’artiste en travailleur – Métamorphoses du capitalisme de Pierre-Michel Menger et nos articles sur le croudsourcing).

L’AFD sensibilise les pouvoirs publics par une Charte AFD des marchés publics de design et propose aux designers professionnels d’en être les ambassadeurs afin de créer un mouvement capable d’inverser les choses. Les avancées sont positives, les mentalités évoluent et commencent à comprendre l’importance de modifier les règles du jeu d’achat et de vente du design. Mais modifier les pratiques qui aboutissent à une demande “d’idées gratuites” (ou “travail spéculatif”) s’avère être un processus lent. En attendant, comment développer son entreprise de design ?


Les douze résolutions proposées par Blair Enns

Blair Enns, spécialiste international en développement des entreprises de design, structure une vision et une méthode pour rétablir un pouvoir aux designers : celui d’une attractivité capable d’être recherchée par des clients prêts à payer. « Aujourd’hui, le monde n’a plus besoin d’autres designers généralistes, vous devez vous spécialiser » dit-il, et il ajoute : « Apprenez à resserrer votre champ d’expertise » (séminaire de Londres, octobre 2011). Vidéo : l’expertise du designer selon Blair Enns

La considération et la confiance constituent des éléments primordiaux pour fidéliser un client et obtenir de lui qu’il paie l’expertise à son juste prix. Blair Enns soutient une méthode économiquement viable pour les obtenir. « Apprenez à repérer et à vous passer des clients qui ne veulent pas payer » dit-il, et il ajoute : « Pensez d’abord à combien vous allez facturer. Gagnez de l’argent, vous ouvrirez une fondation d’art ensuite » dit-il, non sans humour… (séminaire de Londres, octobre 2011).

Blair Enns articule sa vision pour gagner sans idées gratuites et rétablir le contrôle de la relation professionnelle autour de ces résolutions :

  1. « Nous nous spécialiserons » (Vidéo ci-dessus)
  2. « Nous remplacerons les présentations par des conversations » > Vidéo
  3. « Nous diagnostiquerons avant de prescrire » > Vidéo
  4. « Nous repenserons ce que vendre signifie » > Vidéo
  5. « Nous ferons avec des mots ce que nous faisions avec du papier » > Vidéo
  6. « Nous serons sélectifs » > Vidéo
  7. « Nous construirons l’expertise rapidement » > Video
  8. « Nous ne résoudrons pas les problèmes avant d’être payés » > Vidéo
  9. « Nous aborderons les questions d'argent au début »
  10. « Nous refuserons de travailler à perte » > Vidéo
  11. « Nous facturerons plus »
  12. « Nous porterons la tête haute » > Vidéo
Blair Enns est pour la première fois à Paris les 24 et 25 octobre 2012, venez l’entendre et mettre à profit ses propositions. > Savoir plus

Commentaires

1. Par Hmb-ecodesign, le 19 oct 2012 à 20h28
Hmb-ecodesign

C'est la triste réalité , le designer devient un commercial!
Mais les plus grand designer en sont aussi d'excellent?

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