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Démantèlement au sein de la Direction générale de la création artistique : les arts plastiques en péril

Actions AFD | 2 commentaires
Communiqué de 17 organisations professionnelles*

Une 16e « mesure » qui annihile les 15 annoncées par le Ministre de la culture

Il n’a pas fallu plus de deux semaines après l’annonce par le Ministre de la Culture de ses « 15 mesures pour les arts plastiques » qui concluaient l’intention positive des Entretiens pour les arts plastiques du printemps dernier, pour qu’émane de la Direction générale de la création artistique (DGCA), un projet de réorganisation de ses services qui rend illusoire toute mise en œuvre des mesures annoncées par le Ministre et engendre une déconsidération accrue des arts plastiques dans le paysage culturel.

Une vision technocratique qui méconnaît la réalité du secteur des arts plastiques

L’organisation actuelle, mise en place dans le cadre de la Réforme Générale des Politiques Publiques il y a deux ans, avait déjà soulevé de nombreuses interrogations en regroupant sous une direction générale unique le service du spectacle vivant (qui regroupe musique, théâtre et danse) et celui des arts plastiques (qui comprend trois départements : artistes et professions, soutien à la création, écoles supérieures d’art et recherche). Loin des réalités de terrain, le Directeur Général laisse entendre que cette organisation n’avait pas vocation à durer car elle avait été pensée comme une concession symbolique accordée au secteur des arts visuels. On doit au contraire affirmer qu’elle inscrit dans la représentation ministérielle des pratiques artistiques une vérité forte : le monde des arts plastiques ne fonctionne pas selon les mêmes modalités que le secteur du spectacle vivant.


La déstructuration envisagée s’inscrit dans une logique de déconsidération des arts plastiques qui ne relève pas du symbole mais d’un mépris et d’une méconnaissance volontaire de ce secteur

Les métiers ont leurs spécificités, les dispositifs de soutien aux artistes ne sont pas du même ordre, les établissements supérieurs d’enseignements artistiques jouent un rôle essentiel dans la formation des artistes mais aussi des nombreux professionnels de la création (designers, scénographes, graphistes, photographes, commissaires d’exposition…).

Jusqu’à présent, le service des arts plastiques bénéficiait à juste titre d’une organisation spécifique.
Le nouvel organigramme envisagé fait fi des compétences et de l’expérience acquise. Il vise notamment à couper les enseignements artistiques de leur secteur de référence et in fine veut instaurer une « transversalité » aberrante qui affaiblira dangereusement le secteur des arts plastiques dans sa globalité, avec ses artistes, ses professionnels et ses institutions.

Sans un Directeur doté d’une autorité réelle et d’une expertise reconnue, en lien direct dans l’organigramme avec le Directeur Général de la Création Artistique, qui portera la parole de notre secteur et de ses spécificités ? Qui pourra porter au nom de l’Etat une vision informée et constructive, afin de désamorcer les projets de liquidation, de fusion ou d’instrumentalisation lors des situations de crise que connaissent les structures artistiques sur tout le territoire ?

L’ensemble des acteurs du secteur des arts plastiques s’interroge fortement sur l’effectivité des actes en regard des discours récents du Ministre de la Culture et dénonce aujourd’hui cette manipulation au plus haut niveau qui témoigne d’une déconsidération des arts plastiques.

Sans connaissance et respect des spécificités de chaque secteur culturel, aucune politique publique digne de ce nom ne peut s’engager. Les acteurs des arts plastiques exigent le maintien à minima de l’organisation actuelle au sein des services de l’Etat et une concertation sur la mise en œuvre des mesures annoncées.


* Les organismes signataires :
Association de développement et de recherche sur les artothèques – ADRA
Alliance française des designers – AFD
Association nationale des directeurs d’écoles d’art – ANDEA
Association nationale des directeurs de Frac – ANDF
Association des directeurs de classes préparatoires publiques aux écoles supérieures d’art – APPEA
Comité des artistes auteurs plasticiens – CAAP
Fédération des professionnels de l’art contemporain – CIPAC
Coordination nationale des enseignants des écoles d’art – CNEEA
Comité professionnel des galeries d’art – CPGA
Association française de développement des centres d’art – DCA
Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens – FRAAP
Regroupement des Fonds régionaux d’art contemporain – PLATFORM
Syndicat national des sculpteurs et des plasticiens – SNSP
Réseau art contemporain Paris-Île-de-France – TRAM
Union nationale des peintres-illustrateurs – UNPI
Union des photographes professionnels – UPP
Union des syndicats et organisations professionnelles des arts visuels – USOPAV

Commentaires

1. Par Georges-François Hirsch, le 22 déc 2011 à 12h38
Georges-François Hirsch

Mesdames et Messieurs,

J’ai pris connaissance de la tribune titrée « les Arts plastiques en péril » que l'organisation que vous représentez signe dans le Quotidien de l'Art du 20 décembre 2011 et où vous exprimez des inquiétudes qui me paraissent infondées.

La réalité est très différente de ce que vous décrivez et je ne peux moi-même qu’être à mon tour très inquiet en constatant que vous donnez foi à des propos tenus par deux ou trois personnes, qui assimilent des mesures susceptibles de les concerner à titre individuel à une mise en cause de l’intérêt collectif.

Je crois nécessaire de vous apporter ici quelques informations pour vous montrer qu’au contraire de chercher à « déconsidérer » les Arts plastiques, la réflexion en cours cherche à mieux armer la direction générale de la Création artistique (DGCA) pour les soutenir avec efficacité, notamment au moment de mettre en œuvre le plan riche de 15 mesures annoncé par le ministre.

La DGCA a en effet entamé depuis plusieurs mois une réflexion sur son projet de service. C’est à ce titre qu’un document a été diffusé en interne le lundi 12 décembre à tous les agents de la DGCA. Cette diffusion est destinée à engager avec eux ainsi qu’avec leurs élus un dialogue interne qui s’étendra sur plusieurs semaines.

À l’issue de cette période, les agents et leurs élus ayant formulé leur avis et leurs propositions, nous arrêterons ensemble le texte définitif de notre projet de service. En aucun cas ce texte « [n’]affaiblira dangereusement le secteur des Arts plastiques ».

Dans un second temps, comme je l’ai déjà indiqué à vos collègues du CIPAC, je réunirai les organisations professionnelles afin de leur décrire le fonctionnement de ce projet. Il apparaîtra alors clairement qu’il n’est nullement question de l’affaiblissement des Arts plastiques.

Sur le fond, la réflexion engagée porte sur quatre considérations simples :


1. le traitement de chacune des disciplines relevant de la DGCA doit être confié à un professionnel reconnu et de haut niveau. À organisation constante, cette nécessité n’est pas assurée sur le long terme pour les Arts plastiques ;
2. l’existence de deux services, l’un consacré au Spectacle vivant, l’autre aux Arts plastiques, induit l’idée fausse selon laquelle la Danse, la Musique et le Théâtre relèveraient de problématiques identiques tandis que les Arts plastiques s’en distingueraient en tous points. La réalité est plus complexe : ces quatre disciplines ont chacune leurs spécificités, qui méritent d’être défendues dans un contexte favorisant les synergies artistiques. Au cas particulier des Arts plastiques, dont l’histoire et la culture sont singulières, cette reconnaissance des spécificités doit donner lieu au maintien des entités en charge d’une part, des artistes et des professions et d’autre part, du soutien à la création qui ont fait toute la preuve de leurs compétences ;
3. le mode de gouvernance de la DGCA doit affirmer de façon visible et effective le primat des contenus dans la définition des politiques mises en œuvre ;
4. dans le contexte du déploiement de l’organisation dite LMD de l’enseignement supérieur, le traitement séparé de ce dossier dans ses aspects juridiques, techniques et administratifs, loin de renforcer la place de chacune des disciplines, les affaiblit dans le rapport nécessaire avec les autres enseignements relevant du ministère de la Culture et de la Communication et avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Une fois partagés ces constats de simple bon sens, les modalités qui permettront d’en tirer les enseignements restent ouvertes.

Dans le souci d’assurer efficacement votre bonne information et de développer devant vous le raisonnement qui m’a conduit à cette analyse, je vous propose de nous rencontrer le vendredi 23 décembre 2011 à 11 heures dans les locaux de la DGCA afin que nous puissions ensemble faire le tour des sujets qui vous préoccupent. Compte tenu de la proximité de cette date, je vous serais reconnaissant de bien vouloir me confirmer votre présence par mail (georges-françois.hirsch@culture.gouv.fr ).


Georges-François Hirsch
Directeur général de la création artistique
au Ministère de la Culture et de la Communication

2. Par le CA AFD, le 22 déc 2011 à 12h46
le CA AFD

Monsieur,

Nous accusons réception de votre réaction à notre communiqué.

Dans le souci d'assurer efficacement notre bonne information, vous nous proposez une rencontre dans moins de 48 heures, nous vous en sommes reconnaissants, mais vous comprendrez que nos engagements professionnels ne nous permettent pas de nous libérer en un temps aussi court.

Vous nous indiquez qu’une consultation interne est en cours en vue d’établir un texte partagé relatif au projet de service de la DGCA. Il nous semble donc préférable d’envisager une rencontre dès que vous serez en mesure de nous présenter le texte finalisé de votre projet de service, afin de nous permettre de juger de son impact sur l’exercice de nos professions.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de notre considération distinguée.


ADRA (Association de développement et de recherche sur les artothèques)
AFD (Alliance Française des Designers)
ANDEA (Association nationale des directeurs d’écoles d’art)
ANDF (Association nationale des directeurs de Frac)
APPEA (Association des directeurs de classes préparatoires publiques aux écoles supérieures d’art)
CAAP (Comité des Artistes Auteurs Plasticiens)
CIPAC (Fédération des professionnels de l’art contemporain)
CNEEA (Coordination nationale des enseignants des écoles d’art)
CPGA (Comité Professionnel des Galeries d’Art)
DCA (Association française de développement des centres d’art)
FRAAP (Fédération des Réseaux et Associations d’Artistes Plasticiens)
PLATFORM (Regroupement des Fonds régionaux d’art contemporain)
SNSP (Syndicat National des Sculpteurs et des Plasticiens)
TRAM Réseau art contemporain Paris/Île-de-France.
UNPI (Union Nationale des Peintres-illustrateurs)
UPP (Union des Photographes Professionnels)
USOPAV (Union des Syndicats et Organisations Professionnelles des Arts Visuels)

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