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Design, ce mot

Actualité | 4 commentaires
Sous influence française depuis le début
On pense souvent que le terme design est un anglicisme de plus à subir. Ce n’est pas tout à fait vrai. Ce mot est dès l’origine une conception internationale, dont le français fait partie, comme l’explique Alain Rey dans son Dictionnaire historique de la langue française, que nous citons ici :
« DESIGN n.m. est un emprunt (1959) à l’anglais design, d’abord “plan d’un ouvrage d’art” (XVIIe s.), employé aux États-Unis avec le sens de “conception décorative étendue aux objets utilitaires”. L’origine du mot anglais est le français dessein (→ dessiner) qui signifiait à la fois “dessin” et “but” jusqu’au XVIIe siècle.
Le mot, riche de la double motivation “dessein” et “dessin”, implique d’une part le propre de l’objet industriel où tout se décide au moment du projet (par opposition à l’objet ancien fait à la main, dont le projet se différenciait en cours d’exécution) ; d’autre part, il précise que, dans ce projet, le créateur ne doit se préoccuper que de la disposition et de la forme des organes dans l’espace (par opposition à l’ingénieur qui prend en charge les fonctionnements). Design marque aussi un avantage conceptuel sur l’allemand Gestaltung qui marque seulement le “dessein” ou projet. La conception du design est née vers 1925, à la fois en Allemagne (W. Gropius et le Bauhaus), aux États-Unis (Frank Lloyd Wright) et en France (Le Corbusier). Design, ou industrial design, s’est imposé partout, quitte à se latiniser (italien disegno industriale, espagnol designio industrial). En France même, le mot ne s’est répandu que vers 1965 (selon Gilbert) mais avec une grande force de diffusion et malgré les difficultés phonétiques ; une francisation en dessin ou designe n’a pas eu de succès.
DESIGNER n. (1969) a pénétré en français en même temps que design. Le mot signifie proprement “dessinateur” en anglais, et a développé aux États-Unis le sens spécial de “personne qui crée les formes nouvelles du design”. »

Cherchez l’intrus :)
Les emprunts linguistiques d’une langue à l’autre ne datent pas d’hier, ils font partie de l’évolution normale et de la richesse d’une langue contemporaine à sa société. Pour s’en rappeler, une note d’humour : cherchez l’intrus dans la liste des mots suivants, dans l’ordre : Anglais, Allemand, Espagnol, Italien et Français.
• Production – Produktion – Producción – Produzione – Production
• Absolute – Absolut – Absoluto – Assoluto – Absolu
• Fantastic – Phantastische – Fantástico – Fantastico – Fantastique
• Chocolate – Schokolade – Chocolate – Cioccolato – Chocolat
• Bureaucracy – Bürokratie – Burocracia – Burocrazia – Bureaucratie
• Design – Design – Diseño – Design – Conception de modèles

Petit jeu : laissez vos exemples dans un commantaire ci-dessous !

Commentaires

1. Par Bediez, le 04 oct 2010 à 12h28
Bediez

Cela me rappelle une croustillante remarque de Jf Porchez sur le mot "Font", issu de Fonte, qui nous est revenu retraduit en : "Police"... :)

2. Par viaco, le 04 oct 2010 à 16h24
viaco

Le terme dizaillene est à signaler (dans la série francisation du mot design...)

3. Par Arnault Garcia, le 20 oct 2010 à 15h46
Arnault Garcia

Je ne résiste pas à ajouter mon grain de sel, avec cet extrait.


Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont, d'un nuage épais, toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.


L'Art Poétique (1674)
Boileau, Satires, Épîtres, Art poétique, Éditions Gallimard © 1985, pages 227 à 233 et 249-250

4. Par Hugo, le 25 janv 2011 à 08h56
Hugo

Et c'est l'usage du terme "graphisme" pour nommer notre profession qui pose un réel problème.

En se réappropriant ce mot, appartenant pourtant à un autre domaine (celui des arts plastiques) pour définir "la façon dont on trace un trait", nous occultons une partie fondamentale de ce en quoi consiste aussi notre mêtier : la conception, la réflexion, l'analyse, etc.

Car le mot "graphisme" réduit notre profession à un aspect uniquement formel. Comment ne pas être considérés alors comme des "décorateurs de surfaces planes", disposés en effet à changer une couleur qui ne correspondrait pas au gout du client ?

Donc, le "design graphique", au-delà de son potentiel fédérateur, désigne plus justement notre activité. D'après moi.

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