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Nicolas Mouret, ex-lauréat du concours d’architecture Eiffel, explique sa démarche

Actualité | 1 commentaire
Nicolas Mouret : « Le 31 Mars dernier à la cité de l'architecture et du patrimoine, je recevais le premier prix de ce concours. À cet instant et devant plus de 600 personnes, j'annonçais ne pas être étudiant en architecture mais en design et avoir falsifié une carte d'étudiant pour m'y inscrire. »


« L'origine de ma participation n'avait rien d'une provocation, rien d'un geste politique, rien d'un désir de relancer l'éternel débat du cloisonnement des arts. C'était juste l'envie de participer à un concours1 dont le thème m'intéressait, un challenge à relever. Une vieille passion pour Gustave Eiffel alimentée par la frustration d'être mis en apartheid n’a rien arrangé. Il m'était impossible de renoncer.

Certains ont le droit de croire au cloisonnement mais je ne partage pas ce point de vue. Jean Prouvé, Le Corbusier… n'ont été diplômés ni en design, ni en architecture et pourtant ils ont largement marqué l'histoire de ces domaines. Eiffel était ingénieur chimiste de formation et pourtant il s'est fait remarquer pour ses mégas structures puis ses recherches fondamentales en mécanique des fluides… Lorsque je regarde le parcours de nos aînés, je n'ai pas le sentiment que ce soit leur formation ou l'ordre auquel ils appartenaient qui les animait.

De part les responsabilités qui pèsent sur l'architecte, je comprends parfaitement qu'il faille des normes qui passent par une formation solide. Mais lorsqu'il s'agit d'un concours ou les propositions ne seront jamais construites, je ne saisis pas ce qui peut motiver un tel règlement. Ceux qui l'ont écrit ont probablement oublié l'histoire de l'architecture et de certains qui l'ont largement pensée comme Tadao Andō, Richard Buckminster Fuller ou encore Joseph Paxton jardinier de formation.

J'ai eu la chance et l'honneur que mon projet soit reconnu par un éminent jury composé entre autre de Dominique Alba, Jean-Marie Charpentier et Jacques Ferrier. Être désigné lauréat du concours Eiffel par de si grands architectes était pour moi la reconnaissance de plusieurs années de travail.

Tout allait pour le mieux jusqu’à la publication officielle des résultats où mon nom avait tout simplement été escamoté. Je n’étais ni premier, ni dernier, ni rien du tout, un autre nom était substitué au mien. Comme dans de sombres périodes de notre histoire, on a gommé mon portrait de la photo. En somme, les organisateurs de ce concours se sont permis à l'insu du jury de faire disparaître mon projet de la cité de l'architecture et de toute communication. Comme si cette simple formalité administrative rendait ma pensée stérile et la condamnait à devoir disparaître.

J'ai participé à ce concours parce que j'aime l'architecture au même titre que le design, l'horlogerie et la photographie. Ces domaines occupent chacune des mes journées et je ne me sens étranger à aucun d'entre eux. Il me paraît évident que la physique est universelle et que nous ne faisons que répondre à des contraintes dans des contextes donnés. Je suis convaincu que les seules frontières qui divisent les arts sont celles que les corporations ont imposées. »

www.nicolasmouret.com

1. Extrait du règlement du concours d'architecture Eiffel : « Le concours est exclusivement réservé aux étudiants inscrits dans une école d’architecture française (en Licence, Master ou HMONP). Les Participants peuvent concourir soit individuellement soit en équipe pluridisciplinaire (4 membres maximum). Dans ce cas, chaque équipe choisira son chef d’équipe qui devra impérativement être étudiant en architecture.

Lire aussi sur : Duende relation presse


Commentaires

1. Par Pittaco, le 12 sept 2009 à 20h34
Pittaco

Une démarche-réflexion plus que nécessaire

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